Évènement

Peut-on gagner la guerre de l'eau ? Les étudiants de l'EMS ont voté

Le 28 septembre, les étudiants de l'École de Management de la Sorbonne ont pris part au premier débat Opinion Square auquel l'EMS est associée. Face à l'hydrologue Emma Haziza et au philosophe Gaspard Koenig, ils ont interrogé les intervenants et formé un jury étudiant appelé à voter avant et après les échanges.

Le lundi 28 septembre 2026, au Studio Marigny (Paris 8e), cinquante étudiants de l'EMS ont assisté au débat « La guerre de l'eau a-t-elle déjà commencé ? », organisé par Opinion Square. Quarante d'entre eux ont pris place dans la salle, aux côtés du public. Les dix autres formaient un jury étudiant installé au premier rang, qui votait séparément du reste de l'assistance.

Une nouvelle place pour les étudiants

Fondée par Christine Afflelou, Opinion Square organise des débats de société en partenariat avec Ipsos, LCP et Le Nouvel Économiste. L'EMS s'y associe désormais dans un cadre pédagogique, pour une durée d'un an renouvelable. Les étudiants de l'EMS y occupent un rôle jusqu'ici réservé à la fondatrice : ils posent directement leurs questions aux intervenants. Cette association se conclura en juin par un débat organisé en Sorbonne.

Deux réponses opposées

La question soumise au vote était simple : peut-on gagner la guerre de l'eau ?

Pour Emma Haziza, hydrologue systémicienne et docteure de l'École des Mines de Paris, la réponse est non. Données à l'appui, elle a décrit l'urgence géopolitique qui entoure la ressource en eau et avancé des pistes pour agir sur son cycle, à commencer par ralentir. Elle a toutefois conclu sur une note plus positive, en soulignant la capacité de résilience de la nature, de l'eau et des peuples.

Gaspard Koenig, philosophe, essayiste et auteur des romans Humus et Aqua, a défendu le oui. Il a replacé la question dans la tension entre l'échelle locale et l'échelle mondiale, et soutenu que chaque communauté peut gérer sa propre eau, une approche fondée sur la responsabilité et la décentralisation qui traverse son œuvre. Il a également mis en garde contre le risque d'un « écofascisme », c'est-à-dire une gestion de la ressource imposée au détriment des libertés.

Des étudiants plus optimistes que la salle

Les étudiants ont nourri le débat par leurs questions. L'une portait sur les signes qui permettront de savoir que la guerre de l'eau a commencé, ou qu'elle a été gagnée. Une étudiante les a interrogés sur la manière de se préparer aux conséquences de l'épisode El Niño attendu cet hiver, un sujet sur lequel on dispose encore de peu d'informations.

Avant le débat, neuf membres du jury étudiant sur dix jugeaient la guerre de l'eau gagnable. Dans la salle, environ un quart du public se disait pessimiste. À l'issue des échanges, le jury comptait huit optimistes sur dix. Côté public, la part des pessimistes n'a guère bougé, même si quelques optimistes ont changé de camp.

D'autres débats suivront au fil de l'année universitaire, avec la participation des étudiants de l'EMS.